Chaque activité humaine doit être reconsidérée

Il faut même prendre en considération les activités qui ne paraissent pas avoir a priori d’impact sur l’environnement, et également celles qui paraissent indispensables.

C’est en effet derrière ces deux écrans que l’on peut avoir tendance à occulter des activités nocives, soit qu’on ne connaisse pas encore leurs réelles conséquences écologiques, soit qu’elles fassent partie de la norme au point que nous ne songeons pas à les remettre en question. Il faut même envisager l’éventualité d’interaction entre des activités non polluantes et d’autres qu’elles entretiennent et qui nuisent à l’environnement.

Exemple : la pilule contraceptive est apparue d’abord comme un bienfait pour l’humanité. Qui aurait pensé au moment de sa démocratisation, que les hormones de synthèse évitant l’ovulation chez la femme poursuivraient leur vie dans les eaux de nos rivières, les polluant au point de faire dégénérer les caractères sexuels des poissons?

L’artéfact censé détourner la vigilance du corps féminin en lui faisant « croire » qu’une conception avait déjà eu lieu, a provoqué et provoque encore des dommages graves pour la faune marine. À quoi s’ajoutent des dommages pour la femme, les pilules de la troisième génération faisant augmenter les risques de maladies cardio-vasculaires – petite confirmation au passage pour l’hypothèse d’une corrélation d’origine co-évolutive entre la santé du milieu et la santé humaine…

Autre exemple : l’humanité se nourrit en bonne partie de céréales sous différentes formes. Les cultures céréalières nuisent gravement à l’environnement, en termes d’érosion des sols, de consommation d’eau, de déséquilibres écologiques, sans compter les apports d’énergie fossile, de pesticides et d’engrais chimiques. Si ces deux derniers points peuvent être réglés par la culture biologique (ce qui reste d’ailleurs à démontrer à l’échelle des productions mondiales), les autres subsistent et menacent de toutes façons la planète.

Il nous paraît impossible de remettre en question la consommation de céréales en soi. Nous considérons généralement qu’elles constituent la base de notre alimentation et nous sont indispensables. Pourtant, le mode d’alimentation dont elles font partie, doit lui aussi être remis en question. Et c’est là que l’écogénétique intervient avec un raisonnement fondamental, négligé jusqu’à ce jour : l’homme est l’héritier du génome des primates.

Or, les primates les plus proches sont adaptés à une nourriture principalement constituée de fruits et de feuilles. Ils ne mangent quasiment pas de graines de graminées. Il est donc très probable que l’organisme humain ne soit pas adapté au départ à la consommation de céréales.

Comment alors trancher la question ? Il n’est pas facile de mener une recherche expérimentale lorsque la nourriture quotidienne est en cause. Nous pouvons pourtant nous tourner du côté de la science, et examiner quelles sont les éventuelles nocivités des céréales pour nos organismes. Nous trouvons là de nombreux symptômes, comme l’allergie au gluten, la maladie de Crohn, l’effet du gluten sur le système nerveux, la mise en cause des céréales dans l’autisme, ou encore dans des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde.

Ces éléments confirment que la génétique humaine n’est apparemment pas adaptée à une alimentation granivore. Le problème écologique que soulève leur culture repose donc sur ce qui pourrait être une erreur de comportement. Il s’agit alors de se demander d’où est venue l’habitude de consommer des céréales, et pourquoi il est également très difficile de s’en passer. Rares sont en effet les peuplades qui ne consommeraient pas de céréales, et même les régimes diététiques sans céréales.

Une question lourde de conséquences écologiques et sanitaires, à inscrire en bonne place au programme de l’écogénétique humaine…