Causes premières

Pourquoi parler de causes premières ?

Parce que le but de l’écogénétique humaine n’est pas de rechercher les causes immédiates des dégâts infligés par l’homme à l’environnement.
Ces causes sont aujourd’hui bien connues : déforestation, monocultures, pesticides, chimie de synthèse, dioxine, PCB, CFC, émission de gaz à effets de serre, surpopulation, gaspillage, déchets dans la nature, décharges, etc. Il faut faire autre chose que seulement promouvoir des mesures de protection de l’environnement.
Le passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables, de l’agrochimie à la culture biologique, des lessives polluantes aux lessives écologiques, et autres efforts actuellement en cours sont incontournables et doivent être soutenus. Mais ils ne résolvent pas le fond du problème. Ils ne remontent pas aux causes profondes de la dérive consumériste et n’impliqueront que des minorités plus ou moins idéalistes. Ils n’éviteront certainement pas la contamination des pays émergents par les facteurs responsables de notre propre naufrage.

L’objectif est ici de mettre en lumière les mécanismes fondamentaux qui ont conduit à l’impasse écologique et sociologique actuelle. Il faut soigner le mal à la source. Seule la connaissance de ces mécanismes assurera la prise de conscience générale qui permettra de sortir du cercle vicieux dans lequel nous nous sommes engagés.

Posons-nous donc les bonnes questions : pourquoi les comportements humains se sont-ils organisés depuis des siècles de telle sorte qu’ils finissent par détruire la planète, dont dépend pourtant notre propre existence ? L’impasse est-elle inéluctable, intrinsèquement liée à la condition humaine ? Les préjudices à l’environnement et les problèmes de société que nous connaissons remontent-ils aux mêmes causes ? Et qu’en est-il des maladies de civilisation ?

Ces interrogations renvoient à un grand nombre de causes possibles, connues ou inconnues. Celles-ci ont subrepticement fait dériver les comportements et développer des dépendances devenues parties de nous-mêmes (ou de ce que nous croyons être). Toutes sortes d’habitudes délétères ont pu s’immiscer dans nos traditions, habillées de justifications et de conditionnements qui ont fini par les intégrer à la norme. Or, rien n’est plus difficile que de remettre en question les normes qui enferment les esprits et tranquillisent les consciences.

Le défi de l’écogénétique humaine consiste précisément à dépasser les fausses certitudes, les préjugés, les inerties, voire les partis pris idéologiques que cache trop souvent l’étiquette scientifique. C’est à ce prix que l’on pourra cerner les causes premières des processus de destruction qui menacent la planète et ses habitants.