Dépendance

La dépendance est un mécanisme psychologique que l’on retrouve dans la plupart des situations courantes : dépendance des parents, dépendance d’un patron, dépendance sexuelle, dépendance de l’argent, du confort, des habitudes alimentaires, d’un lieu de vie, etc.

Il faut bien distinguer la dépendance réelle, celle qui provient du fait que l’on a besoin de certains éléments pour vivre et s’épanouir, du sentiment de dépendance qui est entièrement subjectif. On peut dépendre d’un facteur extérieur et avoir l’impression de ne pas en dépendre, ou ne pas en dépendre et se sentir malgré tout dépendant. L’un se croira maître de ses habitudes alimentaires, et ne découvrira sa dépendance que le jour où il en sera privé. Un autre se sentira dépendant de sa voiture pour faire ses courses, alors qu’il pourrait très bien les faire à pied.

La dépendance subjective varie d’un individu à un autre, suivant l’éducation, les traumatismes, le fonctionnement psychique (par exemple sous l’effet de psychotropes). Or, elle joue un rôle important dans notre relation à tout ce qui nous entoure : notre dépendance aux objets, au confort, aux mille gadgets censés nous rendre la vie plus agréable, à l’opinion de nos voisins, détermine nos décisions d’achat, notre fragilité face à la publicité, l’impression d’urgence que l’on peut avoir face à la possession d’un objet. À l’inverse, la majorité des citadins éprouvent un sentiment d’indépendance par rapport au milieu naturel, au point d’oublier qu’ils en sont totalement dépendants…

Le sentiment de dépendance joue un rôle majeur dans l’ensemble du problème écologique, par son influence aussi bien sur le consumérisme qu’au niveau de l’indifférence à l’environnement. Il y a lieu de rechercher les facteurs susceptibles de le conditionner, dans l’éducation, dans notre mode de vie occidental, ou dans l’environnement lui-même. Par exemple : quel rôle joue le manque de contact des petits citadins avec la nature, confinés qu’ils sont dans leur univers de macadam et d’immeubles, ou des petits campagnards qui voient plus de tracteurs et de terres rasées que de cerfs dans des forêts primaires… Shepard se posait déjà cette question il y a des dizaines d’années.

À quoi peuvent s’ajouter toutes sortes de facteurs d’ordre psychanalytique, déterminant la structuration psychique sur un mode de dépendance excessive aux images parentales et donc à la société, au détriment de ce que serait une personnalité à la fois autonome, sensible aux autres et sensible à l’environnement…