Poursuivre une action dont on sait qu’elle menace l’avenir de la planête

Démontrer qu’une activité humaine menace la planète ne suffit pas pour la faire cesser. Loin de là !

On sait depuis bien longtemps que les forêts tropicales jouent un rôle important dans l’oxygénation de l’atmosphère et dans la capture du CO2 ; on continue de les massacrer au rythme d’une fois la surface du Costa Rica chaque année ; certains pays s’en dédouanent avec des plantations géantes de jeunes arbres censés freiner le processus, alors même que des forêts artificielles ne remplacent pas les forêts primaires en termes de biodiversité.

On sait aussi que le commerce de l’ivoire menace la survie des éléphants ; après une période d’accalmie, les braconniers africains reprennent la main et le massacre repart de plus belle. On sait que la pêche intensive est en passe de faire disparaître des espèces de poissons ; le Japon continue à envoyer des navires qui les déciment par dizaines de milliers de tonne à chaque expédition. L’amiante a fait ses preuves en tant que cause de cancer du poumon ; cela n’a pas empêché le Canada d’encourager son extraction et son exportation vers les pays émergents. On sait depuis la conférence de Stockholm que les émissions de dioxyde de carbone provoquent un réchauffement climatique qui pourrait être fatal ; de nouveaux records sont battus régulièrement. On sait que certains pesticides sont hautement toxiques et cancérigènes, on continue à les fabriquer et à les répandre dans les airs et dans les eaux.

Exemple : les élevages de poissons en Norvège. Les saumons d’élevage souffrent entre autres maux d’un parasite nommé «pou de mer». Les éleveurs déversent dans les colonies des masses de diflubenzuron, pesticide dont deux métabolites sont l’un toxique et l’autre cancérigène. Ces poissons d’élevage norvégiens, et même les saumons sauvages ayant ingéré le pesticide sont retrouvés la mâchoire bloquée en position ouverte et la tête couverte de brûlures. Quant à ceux qui les consomment, ils vont encore concentrer les doses. Sombre tableau qui n’empêche pas la flambée de l’aquaculture et les ventes mirobolantes dans tous les pays européens. Qui donc voudrait se passer de saumon dans les menus de Noël et Nouvel An… Une petite vidéo pour information : Lien

Ce n’est pas en dénonçant la nuisance d’un artéfact que l’on parvient à l’éradiquer. C’est pourquoi l’écologie classique peine à changer les pratiques. Il se trouve toujours une part des populations ou des nations du monde prête à tout pour les conserver, soit par inertie, soit par intérêt. Il s’agit le plus souvent de minorités motivées par les gains financiers. De toutes petites minorités suffisent malheureusement pour lancer des projets gigantesques, comme l’exploitation du gaz de schiste, les stations off-shore, les plantations de palmiers à huile, etc.

Mais attention : ces minorités n’existeraient pas sans consommateurs prêts à faire passer quelques euros d’économie avant la sagesse écologique. Les racines du mal se trouvent donc pour une part dans les motivations des industriels, mais plus encore dans celles des acheteurs, beaucoup plus nombreux. Il s’agit d’un phénomène de masse. Dans tous les cas, c’est le positionnement psychoaffectif général face aux différentes valeurs en jeu qui est déterminant : principalement l’avidité, l’égoïsme, l’indifférence à la nature voire à l’avenir de l’espèce et de la planète.

La seule démarche qui donne espoir de changer le fond des choses consiste à remonter aux causes profondes qui déterminent les dispositions psychoaffectives des individus. Une fois ces causes clairement expliquées, et leurs conséquences écologiques mises en lumière, une prise de conscience générale est possible. C’est ainsi que peut naître une volonté commune, traversant l’humanité dans son ensemble, de soigner le mal à la source.