ses raisons d’être

Lorsque nous agissons d’une manière ou d’une autre, il nous semble la plupart du temps que cela va de soi. Nous sommes conditionnés par notre éducation, immergés dans un contexte où tout le monde respecte certaines normes, et aussi longtemps que nous nous conformons aux schémas de comportement ambiants, nous avons le sentiment d’agir normalement, d’être dans notre droit, de ne pas pouvoir faire autrement.

Il n’est pas facile de prendre le recul nécessaire pour remettre en question nos comportements habituels. Il faut apprendre à se méfier des traditions, oser penser différemment, nous débarrasser de la crainte de ne pas faire comme les autres. Peut-être même faut-il contrer certaines pulsions fondamentales, inscrites à notre programmation psychique pour nous faire respecter les rituels propre à un groupe.

Les lois de l’évolution ont nécessairement conduit les animaux à développer des automatismes comportementaux garantissant la cohésion du groupe et l’imitation des autres. Cela comme toute autre fonction utile à la survie de l’espèce. Nous avons pu conserver dans les tréfonds de nos psychismes ces réflexes fondamentaux, bien que recouverts par le libre arbitre et la capacité de se distancer de soi-même. Au moment où nous nous opposons aux comportements de groupe peuvent ainsi surgir des angoisses inconscientes, qui expliquent l’étonnante difficulté qu’ont la plupart des individus à se singulariser.

C’est pourtant derrière ce rempart qu’il faut chercher la possible prise de conscience des erreurs de société. Il est possible que le désastre écologique prenne racine dans un certain nombre de tendances et de conduites contraires à la nature, et même contraires à notre propre nature. Sous le manteau douillet du conformisme peuvent se cacher toutes sortes d’habitudes nocives, dont nous ne voyons pas les conséquences sur l’environnement, ni d’ailleurs sur nous-mêmes. Qui nous paraissent indispensables à notre bonheur alors qu’elles sèment la graine de la souffrance et du désordre.

Une sage heuristique consiste alors à passer en revue tous les comportements, même les moins suspects, et à nous interroger sur leur réelle raison d’être. À nous interroger aussi sur l’importance et la fréquence qu’ils ont prises dans la vie quotidienne. À regarder de plus près les mécanismes qui en assurent la contagion auprès des pays émergents. La nouveauté d’une situation rend toujours plus facile la mise en évidence des causes de désordre, de dérive, ou de dégénérescence.

Un vaste programme qui donnera sans doute beaucoup plus de grain à moudre à l’écogénétique humaine que ses pionniers ne peuvent l’imaginer, mais qu’il est temps de commencer très sérieusement…